Michel Duchemin

Ledax

« Le pouvoir est partout, ce n’est pas qu’il englobe tout, c’est qu’il vient de partout (…) » et notre ami Ledax semble sortir tout droit de cette sentence de Michel Foucault tant il semble en effet disposer du don d’ubiquité.

Curieux et avide d’images, il vit avec celles-ci, un peu ses constellations, avant de les transférer sur ses toiles. Assoiffé de photos au quotidien du temps, supprimez-lui ses appareils qu’il vous en fabriquera des substituts avec du papier photo sensible et une boite de carton.

Cet artiste plasticien s’évadant des études après son bac pro en communication graphique vit au quotidien loin des académismes, dans un monde d’objets toujours insolites, et d’images qui ne le sont pas moins à la fois baroques, farfelues et pourtant réelles.

Son approche technique est elle-même assez singulière : tissus pour toiles achetées au mètre, châssis fabriqués de ses mains, bientôt peut-être ses pigments. Puis, entraîné autant par le goût d’aller dans la spontanéité que vers des élans vigoureux, il va jusqu’à  peindre  sur… trois toiles  simultanément ! Ainsi, à l’instar de certains écrivains, son geste s’applique-t-il à restituer des personnages sortis de leur univers galactique tandis que sa pensée s’attache à une autre figuration graphique. Et de jouer, pour des questions de séchage relatif, entre l’huile et l’acrylique quand ce ne sont pas… de ses mains.

Le résultat ? Souvent de grands formats, (il ne s’aime pas dans le minimalisme hyperréaliste), de 2m x 2m sur lesquels il révèle souvent le second degré quand ce n’est pas le premier, de la fréquente absurdité de notre temps.

Alors, à quand sa représentation d’une série sur le thème d’une pâte dentifrice démesurée s’échappant d’un tube en dendrites de filets rouges et blancs sur un tapis-brosse ?…

Ledax peut-être pas si loin du monde de Warhol, par foi.

Michel Duchemin